The Last Fight ne parle pas de victoire. Il parle de l'instant d'avant — celui où le cœur bat plus fort que la peur. Jérôme Epinette signe pour Frapin un fruité cuiré qui tient cette tension du début à la fin, sans jamais la résoudre tout à fait.
Ce que Frapin construit depuis toujours
Bois, épices, cuir, spiritueux : Frapin travaille depuis longtemps dans des matières chaudes et denses, avec un sens de l'équilibre propre à la parfumerie française. Après The Orchid Man, The Last Fight s’inscrit dans cette parfaite continuité.
Pourtant, Jerome Epinette — qui compose un parfum comme un sommelier orchestre un assemblage — ne recherche pas la puissance brute, mais plutôt le jeu des contrastes.
Safran, davana, framboise, cèdre : la construction par étages
Le safran ouvre le parfum — chaud, lumineux, presque safrané. Une entrée en matière directe qui annonce la densité à venir sans l'anticiper.
La davana et la framboise forment le cœur de la composition. La davana apporte ses accents fruités-verts légèrement camphres, la framboise une rondeur juteuse. Ensemble, elles maintiennent le parfum en mouvement. Le fond est boisé, cuiré, résineux : cèdre, cuir, labdanum. Dense sans être écrasant. C'est là que The Last Fight prend son caractère définitif — la persistance d'un parfum qui sait où il va.
Ce qui distingue The Last Fight d'un cuiré épicé ordinaire, c'est la présence simultanée de matières qui s'opposent : la vivacité fruitée du cœur contre la densité résineuse du fond, la chaleur du safran contre la fraîcheur de la davana. Jerôme Epinette ne cherche pas à les réconcilier — il les laisse coexister.
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